Préambule à Magiciens de la terre


A la demande de Claude Mollard, délégué aux arts plastiques, le projet initial de cette exposition a été conçu par Jean-Hubert Martin pour être la 14ème Biennale de Paris qui n’a pas eu lieu, la précédente en 1984 ayant creusé un déficit trop important. Il a ensuite été prévu à la Grande Halle de la Villette présidée par François Barré. La nomination de Jean-Hubert Martin à la direction du Musée National d’Art Moderne Centre Pompidou en 1987 a changé la donne. L’exposition a été répartie entre les deux lieux.

L’exposition a été financée par le Ministère de la Culture et grâce au mécénat de Canal+ et de la Scaler Foundation. La Mission du Bicentenaire a apporté son soutien, lorsque la date a été reportée à 1989. De multiples autres organismes ont apporté leur soutien financier ou logistique. Aucun des bailleurs de fonds n’a exercé la moindre influence sur le contenu de l’exposition.

 Jean-Hubert Martin dès 1982 s’est adjoint un comité de conception composé de Jan Debbaut, Mark Francis et Jean-Louis Maubant. Il a assuré le commissariat général entouré de son équipe :

Commissaire délégué : Mark Francis

Commissaires adjoints :

Aline Luque et André Magnin

Chargés de mission : Franck André Jamme, Corneille Jest, François Lupu, Bernard Lüthi, Bernard Marcadé, Jean-Louis Maubant, Carlo Severi, Jacques Soulillou, Yves Véquaud qui ont effectué les voyages pour établir les contacts avec les artistes.

L’exposition comprenait, sans qu’il soit possible d’établir une quelconque arithmétique, environ une moitié d’artistes appartenant aux circuits de l’art contemporain d’avant-garde occidental et une autre moitié, quelquefois totalement inconnue en Europe, provenant des pays émergents.  Le choix des artistes occidentaux s’est effectué sur la base de leurs relations avec d’autres cultures : origine, voyage, intérêt soutenu, rencontre, emprunts, politique etc…

La répartition entre les deux lieux ne répond à aucune logique particulière, si ce n’est que pour des raisons de maintenance, les œuvres relevant des nouvelles technologies ont été placées au Centre Pompidou.

Le titre qui a provoqué tant de remous et de malentendus, se voulait poétique. Il se réfère à l’expression courante « La magie de l’art » qui désigne son charme et sa force de séduction. Jamais il n’a été prétendu que le recours à des pratiques occultes et surnaturelles serait le dénominateur commun à tous les artistes.

 Les 98 artistes participant étaient vivants. Ils ont tous été rencontrés chez eux par les organisateurs. La recherche a souvent consisté à trouver la personnalité originale et créative au sein d’un groupe pratiquant les mêmes formes artistiques. Deux artistes figurent au catalogue, mais n’ont en définitive pas participé : Temba Ramden (Tibet) et Jivya Soma Mashe (Inde)

L’exposition se déroulait sur 15.000 met comprenait une centaine d’interventions. Chaque artiste profitait d’un espace suffisamment grand pour montrer soit une grande œuvre, soit un nombre significatif d’œuvres de dimensions moins importantes, pour que le visiteur puisse s’imprégner du travail et le juger sur un ensemble. Beaucoup de ces espaces étaient circonscrits par des murs. Seul le grand espace central de la Villette faisait dialoguer des œuvres très diverses.

Les installations étaient soit existantes et remontées (Bourgeois, Meireles, Miralda…) ou, pour la majorité, conçues et réalisées pour Paris. Certaines étaient éphémères et ont été détruites, d’autres sont entrées dans des collections. Celles-ci sont indiquées, dans la mesure de notre information.

La spirale jaune utilisée comme logo provient d’un dessin de Lamu Baiga (Musée Rhoopankar, Bharat Bhavan, Bhopal), un shaman de la tribu Baiga mort en 1987, qui vivait dans les forêts de la région de Mandla, Madhya Pradesh, Inde

Le hasard (objectif ?) de l’histoire a voulu que la même année aient lieu la révolte de la Place Tien An Men à Beijing, la chute du mur de Berlin et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud.

Sur ce site, la séquence suit le parcours de l’exposition pour la Villette et l’ordre alphabétique pour Le Centre Pompidou.

Les photos émanent pour la plus grande part du Centre Pompidou Bibliothèque Kandinsky qui possède une couverture totale de l’exposition et où elles peuvent être commandées ( Contact : karine.bomel@centrepompidou.fr), ainsi que de Deidi von Schaewen (Contact : deidivonschaewen@yahoo.com) et Mark Francis.